Dynamiser par un atelier debout

L’Apathie est considérée comme un déficit des émotions et de l’intérêt pour soi-même et son environnement, associé à une perte d’initiative et d’action dirigée.

Madame R a participé au programme de médiation par l’animal proposé au sein de l’EHPAD où elle vit. L’équipe soignante de l’établissement a pointé chez cette dame un repli sur soi, un mutisme et un refus passif de participer à la vie quotidienne de la structure.

Lors des premières séances de médiation, Madame R assise dans un fauteuil, montrait peu d’intérêt au chien positionné devant elle sur table basse. Sa posture verrouillée, en rétropulsion, ne lui permettait pas de se pencher vers le chien. Cette posture s’expliquait par une appréhension de la chute et une douleur au genou lorsqu’il était fléchit.

Il a alors été envisagé de réaliser les ateliers en posture debout.

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Pourquoi debout ?

Sur le plan moteur et cognitif, nous avons travaillé la posture debout car elle amène à une recherche constante d’équilibre demandant à la personne de rester en éveil. Éveillée pour ne pas chuter, la personne appréhende son environnement et porte son attention sur ce qu’elle perçoit devant elle sur un temps continu.

Sur le plan psycho affectif, L’homme par nature se tient debout. La mise en place de cet atelier permet de le valoriser, de favoriser l’estime de soi et de lui assurer la permanence de son rôle en tant qu’être humain.

Le chien positionné sur table haute devant Madame R debout, les premiers ateliers ont consisté à une mobilisation de ses membres supérieurs sur l’ensemble du chien pour provoquer par la suite des gestes spontanés envers ce dernier. Au cours des séances, Madame R a montré un intérêt grandissant envers l’animal qui s’illustrait par un visage de plus en plus ouvert et expressif, des caresses faites au chien de plus en plus longues, adaptées et ciblées. Les séances s’animaient alors par ses sourires et rires, puis par quelques mots et phrases courtes adressés au chien ou à moi-même : « bouge pas mon petit », « il est beau »…

Au-delà, il a été possible d’introduire des consignes, notamment de prendre soin de l’animal par le brossage de ce dernier. Cette démarche, d’abord en guidant son geste avec la brosse dans la main, puis en l’initiant et enfin juste en lui tendant la brosse, a permis à Madame R de redonner un sens à l’objet « brosse » qu’elle ne percevait plus comme tel. La satisfaction de l’acte accomplie était telle que Madame R exprimait sa joie tout en cherchant la complicité de l’intervenant, témoin de cela.

Ce programme de médiation a permis à Madame R de regagner une motivation par le fait de retrouver un rôle, et du sens à l’agir, en prenant soin de l’animal ; ainsi que l’envie d’échanger avec les autres et d’interagir avec son environnement.

                                                                  Marjolaine Duval, intervenante Umanima, médiation animale