Petite histoire de la zoothérapie

La révolution industrielle a été un cap important dans nos relations avec l’animal. Avant ce changement, l’animal faisait partie intégrante de notre vie, de nos activités, de nos loisirs.
L’exode rural et le développement de nos villes, nous ont amené à de nouvelles obligations, de logement de rythme, d’activité d’où l’animal a disparu.

Les liens avec les animaux au cours du XXème siècle n’ont cessé de s’amenuiser, en ne conservant plus que la fonction de compagnie.

Nombre de substituts ont été créés pour tenter de pallier à l’absence physique d’un animal dans son environnement proche : les nounours (doudou) pour les enfants, présence réconfortante et confidents complices, les photos, les reportages télévisés…

Nous avons tous eu pendant notre enfance, l’envie de prendre un animal dans nos bras, de le caresser, de jouer avec lui, de lui parler, en sachant que le lien créé était alors sans contrepartie ou jugement de valeur, avec comme seul objectif, l’envie de donner et recevoir de l’affection, de l’amour, en sachant qu’il n’y aura jamais d’altération des liens.

Ces liens affectifs et rassurants ont été utilisés dès le XIXème siècle. Ainsi, durant la guerre de Crimée (1854-1856), Florence Nightingale, fondatrice des techniques infirmières modernes, fût l’une des pionnières dans l’utilisation d’animaux.  Elle gardait à l’hôpital une tortue, car elle avait observé que celle-ci avait la capacité de réconforter les malades et diminuer leur anxiété.

Au XVIIIème siècle, l’anglais William Tuke (1732-1822), après avoir été outré des conditions de vie des malades mentaux d’un asile d’aliénés de la ville de York, fonda l’institut York Retreat qui ouvrit ses portes en 1796.

Il y redéfinit des concepts d’approche de la maladie mentale sur des principes moraux “de la bonté et de la considération de l’être humain”.

Il confia des lapins et volailles aux patients pour leur entretien journalier. Les malades se sentirent immédiatement responsables de ces animaux, mais aussi d’eux-mêmes. C’était la première fois que les malades mentaux n’étaient plus considérés comme des animaux, mais comme des êtres humains que l’on pouvait responsabiliser et valoriser en utilisant les liens affectifs innés pour les animaux.

En 1937, Freud s’est rendu compte que “les enfants n’ont aucun scrupule à considérer les animaux comme leurs semblables à part entière. Ils se sentent davantage apparentés aux animaux qu’à leurs parents, qui peuvent bien être une énigme pour eux. Dans un premier temps, la ressemblance est du côté de l’animal, la différence du côté de l’adulte”.

En reprenant cette citation, on peut imaginer que les liens tissés durant l’enfance, même s’ils sont rationalisés à l’âge adulte, maintiennent des représentations affectives fortes et importantes pour la stabilité et l’équilibre de chacun.

Le pédopsychiatre Levinson fût le premier à parler, en 1950, du rôle de “catalyseur social” que peut jouer l’animal envers l’homme. Les animaux sont particulièrement importants pour les personnes en situation de fragilité : personnes handicapées physiques et/ou mentales, en situation d’isolement, dépressives, en perte d’autonomie, vieillissantes…