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Les animaux : créateurs de liens et d’échanges sociaux

«  Elle est très douloureuse le matin au réveil, le soin et la toilette se passent en silence. Je ne l’ai jamais vu si détendue et souriante qu’aujourd’hui… » voici les propos des soignants qui participent aux séances de médiation animale avec Mme M. Les troubles de la parole ont entraîné chez cette résidente un repli sur elle-même et c’est avec un regard différent que les soignants la découvrent en compagnie des animaux.L’objectif de nos rencontres est d’aider Mme M à se détendre dans la relation pour favoriser l’ouverture aux autres, le plaisir et le bien-être. En m’installant à ses côtés et en demandant au chien de s’installer face à elle, cela a favorisé l’intégration du soignant, qui lui est placé sur sa droite.
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Le contact s’est tout de suite créé avec le chien et nous a permis par la suite, de proposer des ateliers pieds posés sur le dos du chien pour aider à la détente et ainsi facilite l’entrée en relation avec son entourage. La rencontre avec le chien Gaya, le lapin Domino et le cochon d’inde Skippy est maintenant un moment qu’elle attend et qui rythme ses semaines. Au contact de ces derniers, un dialogue tonico-émotionnel s’est installé : nous sommes ici dans une communication non verbale ; les regards, les gestes doux et tendres ainsi que les sourires qui leur sont adressés, sont l’expression du bien-être qu’ils procurent à cette résidente. Déclencheurs d’envies, Mme M a su nous exprimer son désir de les récompenser et d’être prise en photo avec eux.Rapidement, les soignants ont su se saisir de ce support visuel au delà des rencontres. Cela assure une continuité de nos rencontres dans la vie quotidienne de cette personne. Même absents, les animaux sont évoqués par l’entourage qui vient rendre visite à Mme M, ils ont aussi permis d’apaiser cette résidente lors de plusieurs soins.

                                                                                Laurence Prou, intervenante Umanima, médiation animale

 

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La zoothérapie : une aide à la prise en charge des patients déments institutionnalisés ?

La maladie D’Alzheimer est la première cause de dépendance lourde du sujet âgé et le motif principal d’entrée en institution. Elle représente 2/3 des démences. Le rapport de l’HAS1 montre que les approches non médicamenteuses ont un effet positif sur le bien être global, mais n’ont pas été suffisamment évaluées. La médiation animale, ou zoothérapie, fait partie de ces thérapies non médicamenteuses.

La médiation par l’animal a-t-elle un impact sur les troubles du comportement des sujets âgés, déments, résidant en EHPAD ? Permet-elle de diminuer la prescription de médicaments ?

L’étude devrait inclure une vingtaine de patients, résidant dans différents EHPAD d’Ille-et-Vilaine dans lesquelles intervient l’association de zoothérapie «Umanima».Les sujets seront leurs propres témoins puisque le groupe sera évalué avant puis après l’intervention de zoothérapie.

L’évaluation des troubles du comportement, se fera par le biais du Neuro-Psychiatric Inventory (NPI-ES).Le traitement médicamenteux sera également évalué aux mêmes périodes.

 

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Résultats attendus, portée éventuelle et perspectives de travail :

L’objectif de cette étude est d’évaluer scientifiquement, à l’aide de critères validés, une thérapie non médicamenteuse de plus en plus utilisée en EHPAD. Sont attendus, une diminution ou stabilisation des troubles du comportement chez les résidents bénéficiant de zoothérapie associée, éventuellement, à une limitation de la prescription de psychotropes.

Trois intérêts découleraient alors de ces résultats : Donner du crédit à cette pratique pour en favoriser le développement dans les EHPAD. Sensibiliser le personnel médical à l’approche non médicamenteuse des démences. Diminuer la prescription de médicaments psychotropes aux sujets âgés.

1 HAS« Diagnostic et prise en charge de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées » 2008 

                                                                      Docteur Laure Jouatel et Raphaëlle Voisin, doctorante en médecine                             

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Les massages sur le dos chien : un travail de la motricité fine avec des balles à picots

Cet atelier a été mis en place afin de solliciter les capacités de motricité fine de Maryse. Un ensemble de gestes s’incluant dans le quotidien de la personne font appel à cette fonction motrice: mettre un bouton, faire un lacet… . Chantal, aide soignante, a noté des difficultés pour remettre des boutons, lors de l’habillage. Un ensemble d’ateliers ont été mis en place pour répondre à cette demande.

Le chien est allongé sur une table attendant une séance de massage. L’exercice est réalisé avec des balles à picots. Les capacités motrices telles que la coordination, la dissociation, avoir une gestuelle précise sont autant de capacités sollicitées au cours de cet atelier. Balle en main, Maryse fait rouler doucement la balle sur le dos du chien. En utilisant l’ensemble de ses doigts, Maryse parvient à maîtriser l’objet, des parties du chien les plus longues au plus petites, Maryse la fait rouler, avec les deux mains puis avec une seule main. De la tête à la queue, de la cuisse aux coussinets, Lila est détendue.

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Après plusieurs séances, la dextérité de Maryse a progressé. La gestuelle est de plus en plus précise et fluide. Maryse parvient à maîtriser la balle quelque soit la main sollicitée et la trajectoire demandée. Ainsi, comme sur la photo, la balle orange monte vers la tête, tandis que la balle bleue utilisée avec l’autre main descend vers la queue. Les gestes sont dissociés tout en gardant la maitrise des balles. Finalement, Maryse tout en faisant des massages à Lila a réalisé un travail visant à améliorer sa motricité fine.

Dorénavant, ouvrir la boite à croquettes pour récompenser Lila ou bien encore remettre les boutons d’une veste sont des gestes qui redeviennent possibles.

                                         Yvonnick Marmignon, intervenant Umanima , médiation animale

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Dynamiser par un atelier debout

L’Apathie est considérée comme un déficit des émotions et de l’intérêt pour soi-même et son environnement, associé à une perte d’initiative et d’action dirigée.

Madame R a participé au programme de médiation par l’animal proposé au sein de l’EHPAD où elle vit. L’équipe soignante de l’établissement a pointé chez cette dame un repli sur soi, un mutisme et un refus passif de participer à la vie quotidienne de la structure.

Lors des premières séances de médiation, Madame R assise dans un fauteuil, montrait peu d’intérêt au chien positionné devant elle sur table basse. Sa posture verrouillée, en rétropulsion, ne lui permettait pas de se pencher vers le chien. Cette posture s’expliquait par une appréhension de la chute et une douleur au genou lorsqu’il était fléchit.

Il a alors été envisagé de réaliser les ateliers en posture debout.

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Pourquoi debout ?

Sur le plan moteur et cognitif, nous avons travaillé la posture debout car elle amène à une recherche constante d’équilibre demandant à la personne de rester en éveil. Éveillée pour ne pas chuter, la personne appréhende son environnement et porte son attention sur ce qu’elle perçoit devant elle sur un temps continu.

Sur le plan psycho affectif, L’homme par nature se tient debout. La mise en place de cet atelier permet de le valoriser, de favoriser l’estime de soi et de lui assurer la permanence de son rôle en tant qu’être humain.

Le chien positionné sur table haute devant Madame R debout, les premiers ateliers ont consisté à une mobilisation de ses membres supérieurs sur l’ensemble du chien pour provoquer par la suite des gestes spontanés envers ce dernier. Au cours des séances, Madame R a montré un intérêt grandissant envers l’animal qui s’illustrait par un visage de plus en plus ouvert et expressif, des caresses faites au chien de plus en plus longues, adaptées et ciblées. Les séances s’animaient alors par ses sourires et rires, puis par quelques mots et phrases courtes adressés au chien ou à moi-même : « bouge pas mon petit », « il est beau »…

Au-delà, il a été possible d’introduire des consignes, notamment de prendre soin de l’animal par le brossage de ce dernier. Cette démarche, d’abord en guidant son geste avec la brosse dans la main, puis en l’initiant et enfin juste en lui tendant la brosse, a permis à Madame R de redonner un sens à l’objet « brosse » qu’elle ne percevait plus comme tel. La satisfaction de l’acte accomplie était telle que Madame R exprimait sa joie tout en cherchant la complicité de l’intervenant, témoin de cela.

Ce programme de médiation a permis à Madame R de regagner une motivation par le fait de retrouver un rôle, et du sens à l’agir, en prenant soin de l’animal ; ainsi que l’envie d’échanger avec les autres et d’interagir avec son environnement.

                                                                  Marjolaine Duval, intervenante Umanima, médiation animale

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Une main qui s’ouvre pour l’animal.

octobre 2009
Une semaine avant une première séance, j’ai présenté Elsi, la femelle golden dans l’EPHAD.
Après avoir circulé dans la structure, une dame s’intéresse  au chien,  des souvenirs reviennent à propos de son ancien chien  et nous échangeons quelques minutes.
Elle a un blocage du côté droit et sa main est crispée. Cette femme ne veut pas faire d’exercice physique.
Lors de la séance, les ateliers avec Elsi stimulent  la mobilité des articulations par les exercices de soin, l’attention portée permet une bonne coordination, mais tout se fait avec la main gauche.
Je propose à cette dame de caresser avec la main droite, d’abord fermée et avec mon aide, puis le bras se tend.
Après quelques minutes, je propose de l’aider à ouvrir sa main, elle le fait seule à l’aide de l’autre main, les doigts s’ouvrent un peu, la main se détend et la caresse est douce, difficile mais contrôlée.

A la fin de la séance, sa main  reste entre-ouverte, elle est fière, valorisée et me donne rendez-vous pour une nouvelle séance.

octobre 2009

Une semaine avant une première séance, j’ai présenté Elsi, la femelle golden dans l’EHPAD.

Après avoir circulé dans la structure, une dame s’intéresse  au chien,  des souvenirs reviennent à propos de son ancien chien  et nous échangeons quelques minutes.

Elle a un blocage du côté droit et sa main est crispée. Cette femme ne veut pas faire d’exercice physique.

Lors de la séance, les ateliers avec Elsi stimulent  la mobilité des articulations par les exercices de soin, l’attention portée permet une bonne coordination, mais tout se fait avec la main gauche.

Je propose à cette dame de caresser avec la main droite, d’abord fermée et avec mon aide, puis le bras se tend.

Après quelques minutes, je propose de l’aider à ouvrir sa main, elle le fait seule à l’aide de l’autre main, les doigts s’ouvrent un peu, la main se détend et la caresse est douce, difficile mais contrôlée.

A la fin de la séance, sa main  reste entre-ouverte, elle est fière, valorisée et me donne rendez-vous pour une nouvelle séance.

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