Personnes âgées

La présence de l’animal permet de maintenir la personne âgée en contact avec la réalité en améliorant ses capacités d’attention, de mémoire, de concentration et de discernement. On peut qualifier la zoothérapie d’activité prothétique, qui vise le soulagement de la détresse émotionnelle, la promotion de l’estime de soi et l’encouragement de la communication.

Jean-Luc Vuillemenot

La médiation par l’animal constitue une approche globale de la santé et du maintien de l’autonomie chez la personne âgée, elle procure une grande variété de stimulations grâce à l’animal, capable de réciprocité et d’affectivité. La souplesse des interventions proposées par Umanima rend possible la réalisation d’activités adaptées aux besoins et demandes des personnes âgées à différents stades de leur autonomie.

Bien que l’intervenant Umanima coordonne les séances, l’implication active et soutenue de l’équipe soignante et accompagnante est indispensable, non seulement pour favoriser un climat de confiance, mais surtout afin de mutualiser les compétences et connaissances et ainsi être au plus près des besoins des participants.

La personne âgée à son domicile

L’objectif de l’intervenant en médiation par l’animal est de proposer à ces personnes des stimulations qui préserveront un potentiel d’autonomie suffisant pour le maintien à domicile.

Les personnes âgées, notamment celles vivant seules, peuvent perdre l’envie de garder un rythme quotidien (se lever, se laver, faire à manger, communiquer, etc.).

Elles ne mettent plus de sens à leurs activités, ne donnent plus de valeur à ce qui n’est plus partagé, elles perdent leur « utilité sociale ».

A travers les activités proposées par l’accompagnement Umanima, les objectifs sont de :

  • rompre l’isolement social,

  • dynamiser et moduler le rythme quotidien,
  • travailler et/ou maintenir l’autonomie,
  • valoriser la personne dans des activités variées et stimulantes.

Comment donner à manger au cheval

Les aptitudes visées sont très souvent liées entre elles :

  • La mobilité, en donnant du sens à une promenade avec le chien et travailler la marche, l’équilibre et le maintien des capacités physiques en donnant du sens et un objectif aux sorties.

  • Le langage, l’expression, la communication, entre la personne et  l’animal, avec l’intervenant ou l’entourage et la famille ou encore avec d’autres personnes rencontrées lors des sorties.
  • La mémoire. Dans un premier temps en ravivant les souvenirs anciens grâce à des souvenirs en lien avec d’anciens animaux de compagnie ou autres, puis au fur et à mesure des séances, travailler sur les souvenirs proches, le nom de l’animal, la mémorisation des consignes, les activités réalisées, les personnes rencontrées lors des sorties…et ainsi maintenir autant que possible le lien temporel avec la réalité.
  • la motricité, stimuler la personne surtout ce qui lui permet de conserver la capacité d’effectuer les gestes du quotidien (la perception de la transversalité est primordiale) : brosser et caresser le chien pour la motricité fine, pour la mobilité du poignet, se pencher pour lui mettre un collier et travailler l’équilibre et la verticalisation, jouer à de jeux de tirage de corde pour le maintien de la praxie, jouer au lancer de balle pour la mobilité des articulations…
  • l’apaisement, l’animal permet à la personne de créer des liens affectifs en dehors de tout code social, elle peut se laisser aller spontanément à des gestes affectifs, elle peut donner du sens à l’envie de faire plaisir à l’animal et ainsi de se donner un rôle, une fonction. L’animal toujours reconnaissant lui renverra spontanément l’affection reçue.

D’autres objectifs peuvent être mis en place en fonction des demandes et besoins individuels. Il n’y a pas de limite à l’adaptation de l’animal et du professionnel, car l’animal pour une personne demandeuse est toujours source d’apaisement, d’affection, de plaisir et un stimulant instantané.

La personne âgée en structure d’accueil

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La personne âgée, notamment si elle est nouvellement admise en structure, présente généralement une diminution de ses capacités physiques et/ou cognitives, elle éprouve alors une perte au niveau de son autonomie fonctionnelle psychosociale.

Ces régressions ont souvent des répercussions au niveau psychoaffectif. Cette nouvelle situation la perturbe, elle se sent diminuée et perd son rôle social actif.

L’objectif principal de la médiation par l’animal est alors de regagner l’estime de soi. Cette estime de soi passe par le maintien de l’autonomie fonctionnelle, par une stratégie de stimulation globale sur les plans cognitif, physique, psychologique, social et sensoriel.

Par l’animal, l’intervenant encourage l’optimisation des capacités fonctionnelles, la personne exerce sa liberté de choix et manifeste ses préférences parmi une panoplie d’activités à réaliser.

Il s’agit donc de proposer des activités significatives pour l’intervenant professionnel mais également sources de plaisir.

Les activités et objectifs proposés sont les mêmes que ceux cités précédemment pour les personnes vivant à leur domicile, mais sont adaptés en fonction du degré d’autonomie dans l’activité.

La motivation du résident est stimulée par le réconfort de l’animal et le côté ludique de l’intervention qui laisse la place à la spontanéité du geste et aux rires. L’animal amuse et procure du plaisir, ce qui crée des liens affectifs avec la personne ainsi qu’avec l’intervenant et les membres de l’équipe encadrante qui participent à l’intervention.

L’animal constitue, pour la personne en perte d’autonomie, une excellente source de volonté pour fournir les efforts nécessaires à l’accomplissement d’activités et d’exercices nécessaires au maintien, dans la mesure du possible, des capacités et aptitudes globales.

La personne âgée ayant des troubles cognitifs

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Les capacités relationnelles de la personne âgée qui présente des troubles cognitifs sont en général altérées. Elle exprime ses besoins plus difficilement et si des stratégies stimulantes de communication ne sont pas mises en place, elle risque de se replier sur elle-même et de s’isoler.

Les interventions avec l’animal, en plus d’animer et dynamiser le quotidien, ont pour objectifs d’encourager l’interaction avec l’environnement proche et de satisfaire les besoins de communication.

Lorsque la personne âgée présente des symptômes psychologiques et comportementaux en lien avec des troubles cognitifs, l’intervenant  utilise des stratégies de diversion par l’animal afin de capter son attention, atténuer son agitation et son anxiété et l’amener dans « l’ici et maintenant » pour lui permettre de s’engager dans les activités et maintenir l’attention.

La mise en place d’un programme d’intervention passe par le respect de l’individualité de la personne âgée en utilisant une approche personnalisée. Le rôle de l’équipe encadrante est primordial puisque c’est elle qui transmet à l’intervenant le profil du résident et son histoire, l’informe de la condition physique et psychologique  de la personne suivie, en expliquant le sens qu’elle attribue à ses comportements.

La médiation par l’animal consiste aussi à créer du lien avec la réalité, à situer la personne âgée dans un rituel avec un rythme d’intervention qui l’aide à se repérer dans le temps.

« L’animal stimule les relations avec les autres et diminue le sentiment de solitude des résidents atteints de démence ».

Une étude datant de 1989 (Kongable, Buckwalter et Stolley) a permis d’évaluer les effets de la présence d’un chien sur les comportements sociaux de douze résidents de maison de retraite. Cette étude a conclu que « les activités sociales augmentent en présence de l’animal avec beaucoup d’échanges verbaux entre résidents.

Les conversations sont plus longues et les touchers plus présents, l’animal est alors un interlocuteur social, associé à l’intervenant, envers qui sont dirigés sourires, regards, touchers et paroles. Cependant, l’animal seul ne suffit pas à provoquer les comportements sociaux entre les résidents. C’est le professionnel qui oriente les interactions, propose des sujets de discussion et favorise les rapprochements ».

Parmi les maladies les plus fréquemment aidées par la médiation par l’animal, on trouve la maladie d’Alzheimer, avec les troubles significatifs qui lui sont attribués :

  • Troubles de la mémoire

  • L’aphasie (perturbation du langage)

  • L’apraxie (altération de la capacité à réaliser une activité motrice)

  • L’agnosie (impossibilité de reconnaître ou d’identifier des objets)

  • Perturbation de la fonction exécutive (faire des projets, organiser, ordonner dans le temps, avoir une pensée abstraite)

 

La personne en soins palliatifs

Pour ces personnes, les besoins essentiels sont les réconforts physique et psychologique, l’animal est en vecteur d’apaisement immédiat, il aide aussi à instaurer un climat de confiance autour de lui.

Grâce à la chaleur de l’animal mis au contact de la personne en soin palliatif, on constate un apaisement, une réduction de l’anxiété par l’expression des émotions et des inquiétudes, une source de joie et de lien entre les résidents et les soignants.

L’intervenant Umanima est alors à l’écoute et disponible pour recueillir les émotions et apporter du réconfort.

Autres publics :